logo
LE SOUVENIR FRANCAIS
DES LANDES
Site officiel SNEMM
Site Officiel ANMONM
Site officiel du SF
ANMONM Landes
Blog SF Landes
Contact
Memoire des Hommes
Memorial







LES ACTIONS DES COMITES

CR VOYAGES DE MEMOIRE

ASSEMBLEES GENERALES DEPARTEMENTALES
.
AGD Dax 2003
AGD Castets 2004
AGD Aire 2005
AGD Mont de Marsan 2006
AGD Pays de Born 2007
AGD Capbreton 2008
AGD Dax 2009

AGD Castets 2010

AGD Aire 2011
AGD Mont de Marsan 2012 
AGD Pays de Born 2013
AGD Capbreton 2014
AGD Montaut 2015
AGD Brocas 2016
AGD Labouheyre 2017 n














PROPRIETE SF

TABLEAU LISTE TOMBES


NEWSLETTERS

 

 

 

 

.

COMITE DU PAYS GRENADOIS


 

Grenade-sur-l’Adour est une ville martyre qui a été décorée de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil suite aux douloureux événements du 13 juin 1944.

Récit

Dans la nuit du 12 au 13 juin 1944, le groupe de maquisards, aux ordres du Capitaine René VIELLE, monte une embuscade et intercepte un détachement allemand à quelques kilomètres de Grenade, infligeant à l’ennemi des pertes sensibles. Au cours de cette embuscade, le Capitaine R. VIELLE est mortellement atteint.
Dans l’après-midi du 13 juin, en représailles, la population rassemblée par les troupes allemandes sur la place publique et tenue sous la menace de mitrailleuses, assiste, impuissante, à l’incendie de ses principaux édifices : gendarmerie, groupe scolaire, perception, hospice, coopérative et 13 maisons d’habitation.
30 Grenadois seront arrêtés, collés au mur de la mairie et finalement incarcérés à Mont-de-Marsan. 18 d’entre eux seront déportés dans les camps de Dachau et de Mauthausen où 12 seront exterminés.
Une stèle fut érigée, en 1948, contre le mur de la mairie de Grenade pour rappeler les noms de ces martyrs.


Le comité répare un oubli vieux de 70 ans

En octobre 2014, des Grenadois, témoins de ces événements, se sont émus auprès du maire de Grenade de l’absence, sur la stèle des Déportés, de l’un d’eux qui fut raflé à Grenade, déporté en camp de concentration et mort en déportation :
le dénommé SOUSTRA.

sustraLe Maire de Grenade, Pierre DUFOURCQ, (membre du Comité du Pays Grenadois du Souvenir Français) confia la mission de trouver qui était SOUSTRA et la raison de cette absence d’inscription à Jean-Luc Vielle Trésorier du comité avec très peu de renseignements à disposition : on peut lire dans le livre « Grenade-sur-l’Adour, d’un siècle à l’autre » : «…à noter que SOUSTRA, bien qu’au nombre des otages, ne figure pas sur la stèle, n’étant pas de Grenade ».
D’autres otages, inscrits sur la stèle, n’étaient pas non plus « de Grenade ». Une autre liste (sans prénoms) donnait les professions des otages : en face de SOUSTRA, il était noté « sous-officier ».
Donc, avec uniquement comme base : « SOUSTRA, sous-officier », malgré les recherches entreprises sur internet en consultant les listings du Mémorial de la Résistance et de la Déportation dans les Landes et en France, ceux de « Mémoire des Hommes » et encore ceux de « Mémorial-Genweb », aucune trace du dénommé SOUSTRA.

Le manuscrit de l’homélie qu’un prêtre (l’abbé JUZANX) avait prononcée le 13 juin 1984 à Grenade énumérait des personnes déportées dont « Jean SOUSTRA (Saint-Maurice), mort à Mauthausen ».
Trois indications supplémentaires : son prénom, le lieu de sa résidence et le camp où il avait trouvé la mort (qui, à priori, n’était pas Dachau comme pour les autres déportés grenadois).
Grâce à l’intervention du maire de Saint-Maurice-sur-l’Adour, Jacques CHOPIN (membre du Comité du Pays Grenadois du Souvenir Français), J-L Vielle découvrit que J. SOUSTRA avait installé son épouse Angèle et son fils Pierre à Saint-Maurice-sur-l’Adour, mais que lui-même n’y séjournait que rarement.

Son acte de décès decouvert dans le registre de la mairie de Grenade sur l'Adour stipulait :
« L’an 1944, le 30 novembre, est décédé à Güsen (Autriche), SUSTRA Jean, Marie, né le 18 janvier 1908 à Bordeaux (Gironde) ».

De Jean SOUSTRA à Jean Marie SUSTRA - Erreur de transcription.
JS
Il s'engage le 1er novembre 1928 et est affecté au 118è Régiment d'Infanterie et au 137è RI à Quimper avec le grade de caporal, puis de sergent.
Il sert ensuite au 57è Régiment d'Infanterie à Bordeaux de 1929 à 1931, puis au 151è RI à Metz avec le grade de sergent-chef puis d'adjudant.
En 1940 il est volontaire pour faire partie du Corps Expéditionnaire de Norvège, est affecté au 69è Bataillon de Chasseurs à Pied (BCP) et embarque à Brest le 1er mai 1940.
De retour de Narvik, il est affecté successivement à Navarrenx (18èRI). Il est nommé adjudant-chef le 1er décembre 1941. A compter du 1er mars 1943, il est mis en congé d'armistice, admis à faire valoir ses droits à la retraite et rayé des contrôles de l'Armée le 10 mai 1943.
Dès son départ de l'armée d'active, il entre dans la Résistance et appartient aux Forces Françaises Combattantes (FFC) comme agent P2 et en qualité de chargé de mission de 3ème classe (grade de "sous-lieutenant" homologué).
Il fait partie du réseau "Hunter" (plus particulièrement chargé du transfert de pilotes rescapés, de prisonniers évadés, du renseignement et des parachutages pour la Résistance). Il était alors chef de secteur et avait pour pseudonyme "Susbielle".
Arrété à Grenade le 13 juin 1944, il est interné au Fort du Hâ près de Bordeau et déporté à compter du 9 août au camp de Güsen (camp annexe de Mauthausen destiné aux résistants et autres « terroristes » jugés « non-éducables ») en Autriche où il décède le 30 novembre 1944.

Jean Sustra a obtenu la mention "Mort pour la France" et celle de "Mort en déportation", la Médaille de la Résistance lui a été décernée à titre posthume.

D’après les témoignages de sa famille, il fut dénoncé par un collaborateur notoire dont il a donné le nom dans une lettre-testament qu’il réussit à faire parvenir à son épouse, en même temps qu’une lettre à son fils Pierre, depuis sa prison de Mont-de-Marsan le soir du 13 juin 1944.

stele
lettre
plaques
Stèle des déportés
Lettre de Jean Sustra à son fils
Plaques dans le Pavillon de la Résistance et de la Déportation de Grenade-sur-l'Adour

Transcription de la lettre

Mont-de-Marsan, le 13 juin 1944 à 21H45 -
Mon cher Pierrot, Dans quelques minutes, dans quelques instants, dans quelques jours peut-être, je serai condamné à mort, à moins que Dieu, cette Providence qui ne m’a jamais quitté, veuille en sa grâce puissante me laisser le temps de te voir grandir et faire un Soldat, un vrai, celui qui suit son chemin dans l’Honneur et qui meurt pour sa Patrie. Aussi, cher enfant, je te demande, si tu retrouves ta mère, de l’honorer et de l’aimer comme une sainte. De te rappeler mon souvenir et de penser que, toujours, j’ai suivi le chemin pour lutter pour la France et combattre dans l’Honneur. Je ne t’en dis pas plus car je sais que tu es déjà un soldat. Travaille bien, continue et arrive à faire un très grand soldat. Ton père qui t’embrasse bien fort.        Jean


Epilogue

Ce fut devant une grande partie de la population de Grenade-sur-l’Adour, de nombreuses personnalités civiles et militaires, les Drapeaux des Associations Patriotiques, les Anciens Combattants, un détachement de la base aérienne de Mont-de-Marsan (2° COGA) et la famille de Jean SUSTRA (Noëlle et Marie-Ange) que se déroula la cérémonie
du dépôt de gerbes (Mairie et Souvenir Français) sur la stèle de René VIELLE (sur les lieux de l’embuscade), d’un office religieux, du dévoilement du nom de Jean SUSTRA sur la stèle des Déportés, d’un dépôt de gerbes, d’une remise de décorations dont la Médaille de la Résistance de son grand-père à Marie-Ange SUSTRA par le Général** (2S) Barrans, de la lecture par cette dernière des deux lettres-testaments de son grand-père, de l’évocation de la vie de Jean SUSTRA et de l’inauguration de la plaque commémorative des Victimes Grenadoises du 13 juin 1944 dans le Pavillon de la Résistance et de la Déportation.

assist

deco
allocutioon
devoil

Merci à Jean-Luc Vielle, Trésorier du comité, pour le travail formidable accompli pour réhabiliter la mémoire de Jean SUSTRA qu'il conclut comme suit :

« Cette recherche et sa finalisation, entrant parfaitement dans les missions du Souvenir Français, (...) de réparer un oubli et de répondre aux interrogations de la famille SUSTRA,(...).
Je suis persuadé, et j’en ai l’intime conviction, qu’en réparant cet oubli, je n’ai accompli que ce qu’aurait fait mon grand-père, René VIELLE, s’il avait survécu à ce fatal 13 juin 1944. »


 

 

 

Pp

 

 
 
Souvenir Francais des Landes