Informé de la découverte par les services de la mairie de Mano de deux autres poilus inhumés dans le cimetière de Mano, Paul-André Frank président du comité de Pissos s'est rapproché de Monsieur J-M Hédouin maire de Mano.
La tombe de Fernard DUBERN sur laquelle la cocarde du Souvenir Français était apposée
a été démolie et le corps transféré dans une sépulture de regroupant désormais les restes des trois Morts pour la France :
Gabriel DUBERN
Raymond SAUBESTY
Fernand DUBERN
Le premier discours fut celui de P-A Frank qui, après avoir remercié le maire de Mano pour sa collaboration, retraça le parcours des trois poilus.
Mesdames, Messieurs,
Depuis près d'un siècle, reposaient dans ce cimetière de Mano trois soldats landais de la Grande Guerre reconnus Morts pour la France; deux étaient enfants de Mano, le troisième y avait vécu et travaillé.
C'est pour honorer leur mémoire que nous sommes aujourd'hui rassemblés, alors que va vous être présentée officiellement la sépulture regroupant désormais leurs restes qui auraient pu disparaître à tout jamais, sans le précieux appui de monsieur Jean-Marc Hédouin et de ses services en réponse à la sollicitation de notre comité du Souvenir Français de Pissos.
Soyez vivement remercié, Monsieur le maire, pour avoir permis par votre action, qu'un hommage respectueux soit rendu à ces trois soldats qui reposent à nouveau dans une tombe témoignant de notre reconnaissance pour leur sacrifice.
Avant de céder la parole au Général Sabathier-Dagès, délégué général du Souvenir Français des Landes que je remercie pour son soutien, quelques mots seulement pour rappeler ce que fut la trop brève existence de
chacun de ces trois landais morts pour la France.

Gabriel DUBERN né le 16 août 1890 à MANO de Pierre Ulysse et de Marie DAURY. est incorporé le 11 octobre 1911 au 49e Régiment d’Infanterie, le régiment de Bayonne. Libéré de ses obligations avec un certificat de bonne conduite, il est affecté le 8 novembre 1913 dans la réserve de l’armée active.
Le 3 août 1914, suite au décret ordonnant la mobilisation générale, il rejoint le 49e Régiment d’Infanterie qui dès le 7 août se trouve «aux armées », c’est à dire au front.
Le 23 août 1914, le régiment est en Belgique où il prend part à la bataille de Charleroi et perd dans la journée 13 officiers et 883 sous-officiers, caporaux et soldats.
C’est à Thuin, près de Charleroi que Gabriel DUBERN est déclaré «tué à l’ennemi »
Fernand DUBERN né le 19 décembre 1890 à MANO de Osmin et de Catherine SEQUETTE est lui aussi incorporé le 11 octobre 1911 au 49e Régiment d’Infanterie. Muté le 11 août 1912 au 4e Régiment de Zouaves, il sert à Tunis jusqu’au 31 août, puis rejoint le Maroc en guerre où il sert jusqu’au 27 octobre 1913, date de sa libération avec attribution du certificat de bonne conduite.
Le 8 novembre 1913, il est affecté au titre de la réserve de l’armée active au 12e Régiment d’Infanterie de Tarbes qu’il rejoint le 3 août 1914. En juillet 1916, le régiment, «aux armées » depuis le 7 octobre 1914, combat dans le secteur de Verdun; le 4 juillet 1916, Fernand DUBERN, atteint de graves blessures de guerre succombe dans l’ambulance 3/5 à FROIDOS, commune du département de la Meuse.
Raymond SAUBESTY né le 2 juillet 1874 à Commensacq de Jean et de Marie BARSACQ, résidant à Moustey, puis à MANO, exerce la profession de cultivateur.
Après son passage au conseil de révision, il est versé dans le service auxiliaire comme l’étaient les conscrits "atteints d'une infirmité relative sans que leur constitution générale soit douteuse". Suite à la mobilisation générale, il est rappelé à l’activité et rejoint le 22 mars 1915 le 2ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Mais le 20 août suivant, il est renvoyé dans ses foyers en étant à nouveau classé service auxiliaire.
Rappelé à l ‘activité une nouvelle fois, il rejoint le 15 novembre 1915 le 144e Régiment d ‘Infanterie à Bordeaux; il contracte alors une maladie en service qui entraîne son décès dans cette ville le 23 novembre 1915.
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Le Délégué Général du Souvenir Français des Landes prit ensuite la parole avant de la passer à Jean-Marc Hédouin maire de Mano et à Monsieur de Andréïs, directeur de l'ONAC-VG, représentant le préfet des Landes.
En cette période de l’année peu propice aux cérémonies, mais non concurrencée par les obligations nationales, nous tenons à vous remercier d’avoir quitté vos nombreuses occupations familiales ou autres pour rendre cet hommage aux 3 poilus dotés d’une nouvelle et digne sépulture au cimetière de Mano.
Le président du comité du souvenir français compétent, Paul-André Frank, vient de nous compter le cheminement du projet qui trouve son aboutissement en ce jour. Merci, cher président de nous avoir tout dit.
D’emblée, je ne saurais omettre de m’associer à vos propos louant l’action déterminante de la municipalité et de son maire.
Il parait évident que le résultat visible, face à cette tombe de regroupement, est le fruit de la réunion de 2 volontés tendues vers un but louable : veiller à la dignité de la dernière demeure de 3 enfants du pays morts pour la France lors de la grande guerre. Notons que les restes des autres inscrits au monument aux morts, devant lequel nous nous inclinerons après cette cérémonie, sont ailleurs.
Nous sommes ici au cœur de la mission du Souvenir Français qui ne peut s’appliquer sans l’engagement municipal. Elle date de 1872, lorsqu’un patriote visionnaire alsacien, donc allemand malgré lui après le désastre de 1870, refusa d’oublier les 300 000 morts pour la France. Il ne pouvait imaginer que le souvenir français serait lourdement concerné par les guerres de 14, 39, d’Indochine, d’Algérie, des OPEX…
Elle nous oblige à veiller à la décence de leurs sépultures et à la transmission de la mémoire de leur suprême sacrifice. Notre cérémonie de ce jour respecte ces 2 impératifs : 3 tombes éparses en ruines regroupées dans une belle sépulture de regroupement, l’espoir que les médias et le bouche à oreilles s’en feront l’écho, que les scolaires y viendront pour réfléchir à l’utilité de ces destins brisés à la fleur de l’âge pour la liberté des générations futures.
Mais pour survivre, notre institution qui est une association d’utilité publique, sans aide étatique, a besoin d’adhérents, de leur soutien, de leurs cotisations, de quêteurs pour la quête annuelle. J’ose croire que cette cérémonie amènera des bonnes volontés à rejoindre l’action du comité qui a de beaux projets en panne faute de moyens.
Pour conclure, j’exprime à nouveau la satisfaction de nous tous d’avoir pu, en ce jour, inaugurer cette belle réalisation dont il faut encore complimenter les artisans. |
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Merci à vous tous, militaires, représentants de l’Administration, habitants du village, d’être venus si nombreux honorer ces soldats de MANO, morts durant la guerre 14-18.
Mano était alors un village de 331 habitants.
Des petits champs, des pins, des marais, couvraient le terroir. Ces hommes et ces femmes étaient habitués à une vie dure de labeur, pour gagner de quoi survivre.
14 est arrivé. Ce fut encore plus dur. Les hommes sont partis.
Sa jeunesse a été fortement touchée : 19 ont perdu la vie à Verdun, dans la Somme, sur le Chemin des Dames.
D’autres sont revenus différents.
1 siècle est passé. Espérons que ces sacrifices n’auront pas été inutiles.
Nous avons créée l’Europe. Saurons-nous éviter la remontée des nationalismes ?
A l’heure où nous honorons ces valeureux soldats, saurons-nous puiser dans notre mémoire, la sagesse que le sacrifice de leur vie devrait nous inspirer, dans la gestion des tensions humaines, politiques, économiques, au niveau français et mondial ?
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La cérémonie prit fin avec la sonnerie "Aux Morts" suivie de la "Marseillaise" chantée par l'ensemble des participants qui se déplacèrent ensuite vers le Monument aux Morts pour un hommage aux enfants de Mano morts pour la France.
HOMMAGE AUX MORTS POUR LA FRANCE DE LA COMMUNE DE MANO
Devant le Monument Morts, Monsieur Jean-Marc Hédoin appela les noms des victimes, l'ensemble de l'assistance repondant à haute voix "Mort pour la France".
Cette dernière cérémonie se clôtura par un dépôt de gerbe par les autorités, la sonnerie "Aux Morts" suivie de la minute de silence et du refrain de la "Marseillaise". Puis ce furent les remerciements par les officiels aux porte-drapeaux.
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